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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/213

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LIGNIÈRES, avec un sourire indéfinissable.

Je ne déteste pas… Cela fait un agréable mélange avec l’odeur de la maison.


RICHARD.

Comment l’odeur de la maison ?… Elle a donc une odeur particulière ma maison ?


LIGNIÈRES.

Je te crois ! On la renifle de la rue quelquefois, quand les fenêtres sont ouvertes… un parfum trop fort, qui sent jusque dans l’escalier… C’est pénétrant… ça envahit tout… Tu y es habitué, tu ne le sens plus, toi… mais pour ceux qui arrivent, c’est exquis.


RICHARD.

Le parfum de maman… Du Chypre, de l’œillet blanc et du foin coupé, je crois.


LIGNIÈRES, reniflant.

On dirait qu’il y a autre chose aussi… je ne sais pas quoi… c’est un parfum porté, volatilisé, depuis des années, dans les chambres… Tiens, sens ce coussin.

(Il prend un coussin et le met sous le nez de Richard.)

RICHARD.

C’est embêtant, pour des gens d’affaires.


LIGNIÈRES.

Il en est de ta maison comme des femmes, dans la rue, trop parfumées.