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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/201

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ACTE PREMIER

Dans un hôtel particulier de l’avenue Friedland.

Un salon fumoir, vaste, attenant par le fond au grand salon. C’est une pièce d’assez grand luxe raffiné. Tout est tendu d’étoffes rares de l’Inde, très flottantes, même le plafond ; mais sans verser dans le mauvais goût. — Le piano à queue recouvert d’une admirable vieille chose asiatique qui traîne à terre. — La porte qui sépare le grand salon, et qui est fermée au lever du rideau, est toute en vitraux Tiffany, opalins, ni trop clairs ni trop foncés. — Au milieu de tout cela pourtant, la tache brutale qui marque des gens d’affaires ; le téléphone dans un coin, près du piano, — une table encombrée de papiers, des journaux qui traînent, etc., etc. Quatre jeunes gens et un monsieur d’une cinquantaine d’années, tous en habit, causent en fumant.



Scène PREMIÈRE


RICHARD DE RYSBERGUE, PAULOT DE RYSBERGUE, LOUIS SOUBRIAN, LIGNIÈRES, SOUBRIAN.


RICHARD.

Elle est encore très bien.


LOUIS SOUBRIAN.

Conservée… mais rudement touchée… Tout ce que tu voudras, elle est trop vieille pour toi.


RICHARD.

Avoue en tout cas qu’elle a été épatante. J’ai été avec elle à Monte-Carlo et à Aix en 1902.