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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/168

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MARIA, à Krilitzof.

Oui, mais lui m’agace… il est prétentieux.



Scène II


Les Mêmes, LA MASLOWA


LA MASLOWA, entre avec un enfant sur les bras.

Là… là, ne pleure pas.


L’ENFANT.

Oh ! je voudrais aller voir les marchandes.


MARIA, l'apercevant.

Quel est cet enfant ?


LA MASLOWA.

C’est la fille d’un condamné criminel, un vieil homme qui l’a portée dans ses bras dix jours, depuis Perm jusqu’en Sibérie… Le nouvel officier a refusé de lui maintenir la permission… Je n’ai pas vu ce qui s’est passé… Le père avait la figure en sang… La fillette sanglotait. J’ai fait les yeux doux à l’officier et lui ai demandé la permission d’emmener l’enfant dans notre convoi avec nous. Alors je l’ai prise, la pauvre, entourée de son grand châle, comme un petit animal qui pleurerait… Elle m’a mouillé une joue et s’est endormie.


KRILITZOF.

Quelle pitié !