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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/164

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ACTE CINQUIÈME


UNE HALTE EN SIBÉRIE

La halte dans un village, en Sibérie, où s’arrêtent les déportés politiques, mêlés, dans ce convoi, aux criminels de droit commun. La plaine de neige au fond ; on voit le village sur les flancs de la vallée. À droite, une sorte de hangar où les forçats font un peu de cuisine ; à gauche, une cahute, ouverte, de paysan, sorte de tente défoncée, accotée aux rochers. Sous cette cahute, un déporté étendu sur des sacs. Krilitzof : auprès de lui Nowodoroff, Maria Pawlowna. Au premier plan, un vieux se déchausse ; un autre se lave la face ; une femme allume du feu. Et, au fond, sur la route, les autres condamnés s’empressant autour de paysans et de marchandes, qui leur vendent des comestibles. Sous la neige, au fond, à droite, on devine le bâtiment de la halte. Des pieux avec des fils de fer indiquent le parcage. Les condamnés politiques ont leurs costumes d’étudiants ; les forçats ont le manteau réglementaire, et la tête rasée d’un côté.



Scène PREMIÈRE


KRILITZOF, NOWODOROFF. MARIA PAWLOWNA et autres Condamnés


PREMIÈRE MARCHANDE.

Du poisson… du bon poisson… À cinq kopecks.


DES CONDAMNÉS.

Six et deux huit, que je te dois… et quatre…