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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/160

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FÉDOSIA.

Pourquoi ne lui as-tu pas dit la vérité ?


MASLOWA.

Je n’ai pas osé… je voulais… mais dès que j’ai voulu, je n’ai pas pu… j’ai senti qu’il ne me croirait pas parce que je rougissais… alors, ça m’a étouffé là, dans la gorge… je n’ai pas pu…


FÉDOSIA.

Mais puisqu’il dit qu’il fera tout pour toi, qu’il t’épousera.


MASLOWA.

Il dit cela… mais il ne faut pas accepter… Jamais, tu entends, jamais… J’aimerais mieux que Katucha ne soit plus… Lui, un prince, m’épouser ?… Ah bien ! sa vie serait perdue, alors, à cause de moi… J’ai d’abord dit non parce que je le haïssais, qu’il me faisait horreur… mais maintenant encore, je trouverai le moyen de l’empêcher de me suivre… et quand Katucha a dit non, c’est non… Accepter cela de lui qui me déteste !…


FÉDOSIA.

Tu crois qu’il te déteste ?


MASLOWA.

Sûr… Il se croit obligé à faire ça, mais il me déteste au fond. Va, une fille, comme moi, c’est bien naturel… mais qu’importe… Seulement, ce que je ne voudrais pas, c’est qu’il croie l’infirmier… ça vois-tu, ça me fait plus de peine que de partir.