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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/232

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mourir… Ah ! quel est donc ce mal mystérieux et terrible, et pourquoi faut-il qu’il choisisse toujours les épaules les plus faibles ?

(La porte du hall s’ouvre à cet instant.)

GEORGES.

Tenez !


ISABELLE.

Ma petite…

(Jeannine est presque portée par madame Heiman et monsieur Barguier. On la dépose sans bruit sur un canapé. Elle est décorsetée, elle a ses petites mains baguées sur la figure et se cache dans le dossier du canapé. Discrètement madame Heiman et monsieur Barguier se retirent au fond, Georges reste à distance aussi. Silence. Isabelle s’approche doucement.)


Scène XVII


GEORGES, ISABELLE, JEANNINE, MADAME HEIMAN, MONSIEUR BARGUIER.


ISABELLE murmure à l’oreille de sa sœur :

Jeannine !… C’est moi, Jeannine ! Oh ! la méchante petite fille qui voulait nous quitter ainsi, nous abandonner… Vous n’avez pas honte, mignon, mon mignon ?… Et pour cela !


JEANNINE, sans bouger, la tête enfouie dans les bras.

Plus bas… plus bas… Isabelle…


ISABELLE, souriante.

Oui, oui…. à l’oreille… Comme si tu n’aurais pas eu plus vite fait de me le dire ! Ouvrez vos yeux ! voulez-vous ouvrir vos yeux ! Oh ! je vous gronderai, je vous gronderai… mademoiselle !


JEANNINE, les yeux obstinément fermés, ne voulant pas les rouvrir au monde extérieur, lance à voix étouffée :

Est-ce que Georges sait ?