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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/220

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GEORGES, répondant aux uns et aux autres.

Vraiment je suis désolé… quel contre-temps !… Ce n’est rien du tout… un léger étourdissement… la chaleur, le bruit… Je vous en prie… Oui, ma femme s’est un peu émotionnée… Mille fois trop bonne… Ma chère tante, voulez-vous vous occuper de ces dames ?…

(Il les a menées en souriant jusqu’à la porte du salon.)

MADAME HEIMAN, prenant Georges à part.

Eh bien… vite, vite ! dites ? Vous souriez ?


GEORGES.

Eh bien, fausse alerte, Dieu merci ! Elle n’a même pas eu le temps d’avaler le laudanum… Aucun danger. À peine avait-elle bu, qu’elle a tout à fait perdu la tête, et s’est jetée au cou de sa sœur… Personne ne se doute de rien, au moins ?


MADAME HEIMAN.

Personne.


GEORGES.

Vous êtes sûre ? J’y tiens…


MADAME HEIMAN.

Mais quel coup de folie !


GEORGES.

Oui, je ne sais pas, c’est fou ! c’est ahurissant !


MADAME HEIMAN.

Vous êtes sûr qu’il n’y a plus de danger ?


GEORGES.

Il n’y en a même pas eu. Faites filer cette peste de madame de Rouvray surtout… hein ? Je vous demande pardon… Et que la porte soit interdite à qui que ce soit !


MADAME HEIMAN.

Je crois bien… mon pauvre ami… Ne vous occupez de rien. (Georges rentre rapidement dans le hall. Madame Heiman appelle un domestique.) Monsieur vous fait dire de veiller aux voitures et de ne laisser entrer absolument personne… même la tante de monsieur… Quelle envoie prendre des nouvelles demain matin si elle veut.