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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/140

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ACTE III

Le petit salon d’un Palace à Monte-Carlo, attenant à gauche au hall de l’hôtel et donnant au fond sur un vaste couloir. À droite, la porte d’un « tea room », sorte de bar vitré. De grandes lanternes japonaises sont assez joliment disposées de chaque côté de la porte. Des pots de faïence du pays avec des palmiers. Petites tables, petits canapés. Une table à journaux au milieu. Toutes les portes sont ouvertes, sauf celles du tea room qui est à tambour. Dans le corridor du fond, on voit la cage de l’ascenseur. La musique de l’hôtel vient de cesser et, au lever du rideau, défilent dans le corridor quelques musiciens en costumes rouges, avec leurs contrebasses, leur boîte à violons, etc. Netche et Geneviève sont assises sur la gauche. Geneviève brode vaguement un chemin de table. Elles causent à distance avec un monsieur en habit et une dame. Ce sont deux Russes, de table d’hôte, prince et princesse Palinkoff.


Scène PREMIÈRE


GENEVIÈVE, NETCHE, Le Prince et la Princesse PALINKOFF.


GENEVIÈVE.

On abuse un peu de la musique à Monte-Carlo.


NETCHE.

Mais ici cela fait un son assez joli. Et c’est encore bien mieux de ce tea room — comme ils disent emphatiquement — lorsqu’on en laisse la porte ouverte…


LE RUSSE.

Du reste, ce petit salon est intime. C’est la seule pièce où se tenir.


NETCHE.

C'est pour cela sans doute que personne ne s’y tient.