Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/67

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


temps que je dévisage un peu tous mes invités… Voyons, qui est venu… qui n’est pas venu à l’enterrement de ce jeune et joli garçon ?

(Il monte sur le tréteau que les porteurs ont laissé là quand ils ont porté la couronne dans le chœur.)

ALONSO.

Et quelles sont celles qui te gardent un souvenir reconnaissant, n’est-ce pas ?… celles qui feraient encore les yeux doux à ton cercueil ?…


DON JUAN.

L’amitié et la haine des hommes ne me déplaisent pas non plus… La haine et l’amitié ont toujours été mes chevaux favoris ! (Il inspecte.) Celui-ci n’est pas connu de moi !… Pas connu !… Encore pas connu !… Ils veulent tous avoir assisté à un enterrement de qualité… (Il descend du tréteau vivement et regarde entrer de la gauche des personnages chamarrés avec leur suite.) Un ministre !… Un grand chancelier !…


ALONSO.

Le docteur Sangrado ! Le navigateur Santaremo !


DON JUAN.

Un procureur du roi !… Eh bien, qui donc disait que j’étais si mal avec la loi ?… Pascual… Bonjour, cher !… Lina… Bonjour, petite !… Elle est charmante !


ALONSO.

Gentille tout au moins.


DON JUAN.

Je ne t’ai pas eue, mais je t’aurai !… Nous aurons fait meilleure connaissance à mon enterrement !… Un Turc !… Qu’est-ce qu’il fait là ?