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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/52

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NUNEZ.

C’est un imbécile !… Un simple tondeur de mules !


L’ÉCUYER, (lisant un autre feuillet.)

Quant aux femmes, j’ai trouvé toujours que celles que j’ai aimées sentaient bon… »


NUNEZ.

C’est un cynique !


LE CHAPELAIN, (lisant.)

« La senora de Nunez fraîche comme une grappe de jacinthe… »


NUNEZ, (vivement.)

Donne !… Il avait déjà discouru de mon déshonneur… (On amène Consuelito.) Arrive, toi ! Et sois confondue !… L’évidence… c’est que voilà bien Don Juan !


CONSUELITO.

Je le nie ! Et je le crie à la face de la nuit !… Mon bel amant vit quelque part !… Il vit… Il respire… il pense à moi… qui pense à lui !…


NUNEZ.

Et nieras-tu ceci ?… (Il lit.) «Une affreuse monstrillonne à la face de laquelle Dieu s’est complu à jeter une poignée de verrues m’apporte un billet laconique : « Don Juan, oui, je vous ai vu… et, depuis lors, je tremble, et je languis… Organisez un rendez-vous pour demain soir… J’expédierai mon mari. » Ah ! tu changes de couleur !… Jour pour jour, ce bandit écrivait les narrations précipitées de ses intrigues !… Vous êtes tous témoins que j’ai fait justice, mes amis !… Le hasard à étalé devant vous toute la trahison… Hélas ! je n’éprouve plus aucune pudeur devant