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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/46

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CONSUELITO.

Était le noble Don Juan de Manara… oui… je le jure !


NUNEZ.

Et celui-ci ?…


CONSUELITO.

Est un autre, je le jure également.


NUNEZ.

Il eût fallu que je devinsse fou, dans le trajet du lit à la terrasse !


L’ÉCUYER.

Ou, seigneur, qu’un comparse, qui sait ? un guetteur, quelque écuyer, se soit substitué dans l’ombre à son maître.


NUNEZ.

Mais, jourdieu, je ne l’ai pas lâché d’un pouce, durant le parcours !


LE CHAPELAIN.

La colère vous aveuglait peut-être ?… Il y a pourtant, monseigneur, dans ce cri féminin un accent de sincérité qui impressionne… Quel intérêt aurait-elle à cette supercherie ? Notez-le, c’est un cri de surprise sincère qui vient de lui échapper par inadvertance, car si elle est convaincue que la victime n’est pas le coupable, elle aura vite fait de s’apercevoir que, par cet aveu même, elle désigne le survivant à vos coups… Profitez de ce qu’elle ne s’est pas encore rétractée, seigneur, pour vous assurer si nous n’avons pas été les jouets de quelque erreur !