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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/45

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CONSUELITO.

Je suis certaine que cet homme n’est pas don Juan… Même défiguré, même en lambeaux, je le reconnaîtrais !


L’ÉCUYER.

Elle divague !… N’ajoutez pas d’importance à ses propos, monseigneur !… Vous avez mis le traître en tel état qu’elle a peine à reconnaître en ces débris les formes vivantes de son amant !…


LE CHAPELAIN.

C’est un naturel effet de la terreur !


CONSUELITO.

Non ! Non ! Non !… Devant Dieu lui-même, je certifierais que cet homme n’est pas Don Juan !


NUNEZ.

Qui prétends-tu abuser ?… Mon bras ne l’a point lâché depuis l’instant où je l’ai détaché de tes flancs jusqu’à l’instant où je l’ai précipité de cette terrasse !


L’ÉCUYER.

Et c’est nous qui avons reçu le corps.


LE CHAPELAIN.

Et moi-même qui ai fait le signe de croix sur son front.


CONSUELITO.

Je ne puis pas dire autre chose que la vérité… Le front que j’embrassais tout à l’heure dans l’ombre… les bras qui m’étreignaient n’étaient pas ceux de cet homme étendu la !… Présentez à la chatte des petits mutilés qui ne sont pas ses petits, elle ne s’y trompera jamais !


NUNEZ.

Donc le complice que j’ai arraché de tes bras…