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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/44

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CONSUELITO, (repoussant les hommes.)

Mon amant, mon bel amant, où est-il ?… Qu’ont-ils fait de toi, Don Juan ?… Tu allais, formidable… intrépide !… On eût dit que la nature t’avait revêtu d’une invincible armure !

(Elle s’écroule sur le corps.)

NUNEZ.

Repais-toi, maintenant, de ses baisers !… Ah ! ah ! la bouche qui savait des choses si tendres !… Ah ! les bras qui tenaient cette nudité frémissante, il y a un instant… ouverts en croix maintenant !…

(Il saisit les deux têtes, celle du mort et celle de Consuelito, et les fait s’entrechoquer.)

CONSUELITO.

Mon amant !… Que je meure avec toi, Don Juan !… Oh ! ce que sont devenues tes lèvres… tes pauvres yeux… (Elle l’enlace. Tout à coup elle se redresse.) La torche ?… Passez-moi la torche ?… (Elle s’empare d’une torche que tenait un valet, elle la place à deux doigts du visage défiguré qui gît à terre, puis elle se relève.) Ce n’est pas lui !


LE CHAPELAIN.

Que dit-elle ?…


CONSUELITO.

Ce n’est pas lui !


NUNEZ.

Que signifie ce nouveau mensonge ?… Où veux-tu en venir ?… Quel est ton but ?… Quoi, tu oserais, insensée, soutenir devant tous que ce n’est pas l’homme que j’ai surpris dans ta couche ?… Celui que j’ai poursuivi, frappé de ma main même ?