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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/285

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MARTHE, (extasiée tout de suite.)

Comment ça ? Tu es prodigieux ! Quel homme !


BARNAC.

J’ai pris le train tout seul (Étonnement de Marthe.) ou du moins, il n’y avait personne dans mon compartiment… J’en ai profité pour écrire toute une longue scène sur des feuilles que j’avais emportées au cas où j’aurais eu à préparer un discours !


MARTHE.

C’est inouï !


BARNAC.

Bref, j’ai fait la scène du trois, tu sais ? celle qui ne marchait pas… Ça me préoccupait… Je l’ai recommencée entièrement… Je crois que c’est épatant maintenant… Elle attaque bien… Et puis ton rôle est magnifique !


MARTHE (bat des mains.)

Oh ! que je suis contente !… Tu me liras tout à l’heure ?


BARNAC.

Tout de suite, si tu désires ?


MARTHE.

Non… repose-toi… Il faut que tu me racontes Melun d’abord. Procédons par ordre.


BARNAC.

Idiot, idiot, Melun !… Nous n’en finirions pas ! Je crois que la petite fille préférera d’abord la scène… (Il lui touche du doigt le menton.) Et puis je suis dans tout le feu de l’inspiration !…