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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/26

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L’HOMME.

Il te reste à connaître une quatrième chose… et la plus enviable de toutes… mon baiser !…


CONSUELITO.

Apporte !…


L’HOMME.

Je n’aime pas qu’on me parle comme à un chien… mais j’obéis parce que c’est vous !… (Il s’élance, il monte à l’échelle. Le voilà sur la terrasse. Il se précipite dans les bras de Consuelito, il la couvre de son manteau.) Sous mon manteau !

(Elle disparaît toute enveloppée dans la cape. Silence.)

CONSUELITO.

Vous n’aviez pas menti !… À ce premier baiser, je viens de sentir que je vous aimerai la vie entière… Mais n’êtes-vous pas blessé ? Pourquoi ce bandeau vous balafre-t-il la figure ?


L’HOMME.

C’est un bandeau de paysan aragonais : je le porte quand il est utile pour dissimuler mon visage.


CONSUELITO.

Apprenez-moi vite ce que voulait dire ce signe que vous m’avez fait hier à l’église et dont le sens m’a échappé ?…


L’HOMME.

Un signe… Lequel ?…


CONSUELITO.

Comment, lequel ? Par trois fois, vous l’avez répété avec insistance.


L’HOMME.

J’en suis bien capable !