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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/89

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vous feront crier pitié, —

aussi vrai, hélas ! que j’en tremble. —

Ce n’est pas assez d’avoir mal,

ils feront mal à votre mal,

ils vous fermeront toute la terre,

sans même vous laisser, ce que tous possèdent,

votre pauvre petit morceau de Jésus.


ALIETTE.

Yohan ! Yohan ! mon époux aimant…


LA VIEILLE.

Et l’amour, profitez-en donc !

Savez-vous ce qui vous attend demain,

demain pour moi, demain pour vous ?

Savez-vous ce que demain

je crierai dans la paroisse :

« Gens du village, me permettez-vous

« d’élever à ma fille une maison neuve,

« d’élever à ma fille une maison de terre… »


ALIETTE.

Mon Dieu ! mon Dieu !


LA VIEILLE.

Et les gens du village me répondront :

« Si vous élevez à votre fille une maison neuve,

« élevez-la loin de la vôtre,