Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/74

Cette page a été validée par deux contributeurs.



LA VIEILLE.

Hé ! ma fille, votre vue met en joie.

Mais que vous est-il donc arrivé

que vous êtes venue me voir si tôt, —

depuis les dernières étrennes, au plus ?


ALIETTE.

Je me rends au Folgoat, au pardon, ma mère,

avec mon bien-aimé qui attend.

Nos sabots sont à Ploumillau.

et je marche comme Notre-Dame déchaussée.

Dites-le moi rondement, pouvons-nous souper chez vous ?


LA VIEILLE.

Oui donc, arrêtez-vous chez moi aujourd’hui,

vous, et l’amoureux qui passe,

celui d’aujourd’hui, celui de demain…

(À la porte.)

Entrez, entrez, nouvel ami.

Ce n’est pas pour piler la lande avec vos pieds nus

que vos mères vous ont enfantés.


ERVOANIK.

Je vous salue, mère de ma douce,

je vous salue en vraie humilité.