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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/62

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ALIETTE.

Je ne suis plus la fille aux bouquets,

et celui que je cueillerais

serait de trois sortes de plantes,

chagrin, mélancolie et tourment.


ERVOANIK.

Alors, rappelez-vous que ma mère

m’a souhaité bonne compagnie

pour le chemin du Folgoat,

Voudriez-vous m’accompagner ?


ALIETTE.

S’il vous plaît, tant qu’il vous plaira.


ERVOANIK.

Je vais au pardon comme il sied,

Sans chaussures, sans bas et à pied,


ALIETTE.

J’irai donc comme vous les pieds nus,

pour demander à Dieu la grâce

de coucher tous les deux dans la même chambre

et manger dans la même écuelle.


ERVOANIK.

Nous irons par Morlaix et par Plouvorn,

en nous tenant par la main…