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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/56

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MATELINN.

Je te ferai brûler !


ALIETTE.

Le feu se fendra en deux s’écartant de moi.


MATELINN.

Hors d’ici si tu ne veux que je te frappe.

J’ai un fouet de cuir tissé en trois branches,

et qui te fera marcher malgré toi.

(Il la rudoie.)

ALIETTE.

Ayez pitié, mon bien-aimé…


MATELINN.

Qu’on tranche la tête de ces femmes

qui font les vampires sur nos fils,

et qu’on la jette dans la rue,

aux enfants, pour jouer à la crosse !


ALIETTE.

Mon cœur se brise de peine et de peur…

personne ne m’a consolé…

personne Yohan… et je m’en vais…

Bonjour et joie… bonjour et joie !

(Elle fait mine de sortir, chancelle et s’affaisse près d’un banc de pierre toute sanglotante. — Silence.)