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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/266

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jour de la souffrance commune… Eh bien, j’y suis maintenant… On t’a peut-être dit, avant-hier, quand je suis arrivé, que les affaires périclitaient terriblement… Père passera peut-être l’usine à d’autres… Moi, je vais m’expatrier… J’irai en Amérique tenter la chance… tu ne me reverras plus guère… Tu vois que tu peux me pardonner le mal que je t’ai fait.


DANIEL.

Je te pardonne volontiers… Pourquoi pas ?


MAXIME.

Tu pourras être heureux… mais oui… Quand le vase tombe il s’agit de ramasser les débris et de reconstituer la forme qu’on aimait… C’est possible… Là, je ne veux pas te fatiguer plus longtemps… Je sens que ma présence t’agite… Marthe est à côté ; elle repose un peu, paraît-il, sur la chaise longue… mais, en m’en allant, je vais ouvrir la porte… Si tu avais besoin de quelque chose, tu l’appellerais… Permets que je t’embrasse ! Daniel ! Daniel !

(Daniel fait signe que oui. Maxime l’embrasse sur le front.)

MAXIME.

Tu ne me rends pas mon baiser.