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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/214

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longtemps cru parler à la jeune fille, là-bas, le soir, près de moi, ma pauvre Marthe !


MARTHE, (pleurant.)

Madame !


GRAND’MÈRE.

Tu vois qu’il n’y avait pas à être confuse de mes remerciements ; ils n’auront pas duré longtemps. Mais qu’importe ! De toute façon il fallait parler aujourd’hui, dans une heure décisive… Et c’est si vrai, que tu t’es prise à marmonner tout haut, ce que je comprenais depuis longtemps tout bas… Les choses sont changées, maintenant. Je pouvais, hier, te laisser continuer la tâche que tu croyais sans doute de ton devoir de continuer, mais il vient de se passer un acte grave, grave pour tous, qui te vaut notre gratitude absolue… notre reconnaissance parfaite… Hier, j’aurais pu te parler peut-être durement… Aujourd’hui, je te dis ceci : « Tu es libre, tu peux partir si tu veux, merci. » Ainsi donc, rassure-toi. Je ne fais pas autre chose que préciser ce que tu pensais tout haut tout à l’heure. Ta dette est payée… bien payée : tu peux t’en aller.


MARTHE.

M’en aller ? Et lui, madame, et lui ?