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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/212

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en passant, et pour connaître jusqu’où peut aller la témérité de l’enfance… Réponds.


MARTHE, (hésitante.)

Oui…


GRAND’MÈRE.

Vraiment ? Et t’étant jugée, sais-tu te condamner ?


MARTHE.

Mais, si je n’ai pas à me condamner ?


GRAND’MÈRE.

Alors, ma pauvre petite, c’est que tu t’es bien mal jugée… ou que tu as cru pouvoir te pardonner toi-même…


MARTHE, (avec une angoisse croissante.)

Madame Mathilde…


GRAND’MÈRE.

Mais, ce n’est pas tout de s’absoudre !… Mais le pardon des autres, Marthe ! le pardon des autres !


MARTHE, (au comble de l’émotion.)

Vraiment… vraiment… Je ne sais plus ce que vous voulez dire.


GRAND’MÈRE.

Tu vois bien, ma pauvre enfant, que je sais tout.