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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/211

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que je sais mieux que personne le peu de valeur de mon acte… laissons cela…


GRAND’MÈRE.

Ta conscience ? ta conscience est-elle capable, à son âge, de juger juste tes actes passés et tes actes présents ?


MARTHE.

Peut-être… oui, je crois…


GRAND’MÈRE, (appuyant.)

En es-tu sûre ?


MARTHE, (troublée.)

Vraiment, n’attachez aucune importance à mes paroles… Je suis peut-être un peu énervée… Je ne sais pas pourquoi je disais cela plutôt qu’autre chose… Votre gratitude me gênait un peu sans doute…


GRAND’MÈRE.

Non, ne te dérobe pas, Marthe !… Nous ne sommes pas encore assez fatiguées toutes les deux pour ne pas parler un peu à notre aise, et la conversation en valait bien une autre… nous nous reposerons (un soupir), la journée finie !… Réponds… Crois-tu juger équitablement tous les actes de ta vie ? Oh ! c’est question oiseuse de vieille femme,