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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/207

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catesse… Je m’étonne que tu ne le comprennes pas… Nous avons déjà trop tardé… Et moi qui t’attendais pour lui parler !… Allons, grand’mère, il faut en finir… tu vois, elle a l’air gêné de nous entendre parler bas de la sorte… allons, je vais l’appeler… je vais lui dire qu’elle est ma femme, qu’elle…


GRAND’MÈRE, (l’interrompant.)

Non, arrête… Je veux lui parler seule à seule. J’y tiens… Et tu comprendras bien alors que le moment soit mal choisi. Attends un peu. Laisse-moi toute à mon bonheur de te voir vivre, parler… mon chéri…


DANIEL.

Vraiment, grand’mère, tu y mets une mauvaise volonlé extraordinaire !… Je suis révolté… Je t’affirme que ce retard serait un manque de tact vis-à-vis d’elle… et une grosse peine pour moi. Et dans un pareil moment !


GRAND’MÈRE.

Là, là, ne t’énerve pas… À une seule condition, par exemple, c’est que tu vas essayer de bien dormir jusqu’à ce que je t’appelle.


DANIEL.

Tiens, tu es bonne… J’essaierai, je te promets… j’essaierai, si je le puis… Et aussi…