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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/156

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MAXIME.

Alors, je ne conçois pas, justement…


MARTHE, (lui prenant la main au passage et souriant.)

Tais-toi… à quoi ça sert ? Ne t’en va pas, je te tiens… je caresse ta manche, là… tu sens ? Oh ! donne tes mains que je les embrasse. Serre-moi dans tes bras !…


MAXIME.

À la bonne heure ! C’est cette voix-là que je préfère.


MARTHE.

Si tu savais ! si tu savais, Maxime, comme nos bons baisers me font forte, à l’aise, vivante, joyeuse ! Je viendrai ce soir… oui, oui, je viendrai… Il y a des jours où je suis heureuse d’être aveugle pour n’avoir pas à baisser les yeux quand je te dis des choses comme celle-là : « Je viendrai ce soir », pour pouvoir te les dire franchement, dans tes yeux à toi… ainsi…

((Elle le fixe de ses yeux aveugles.))

MAXIME.

On peut venir. Attention.


MARTHE.

Mais il y a des jours où je suis si malheureuse