Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/154

Cette page a été validée par deux contributeurs.


pas dans l’appartement… je te le dis, c’était peut-être déjà trop beau pour moi. À quoi pouvais-je servir avec ces deux yeux-là ? Quel avenir ? À qui me dévouer, moi pour laquelle personne ne se dévouerait ? Puis, je me suis sentie très doucement attirée par cette misère de grand enfant douloureux, je me suis laissée aller à la joie d’être enfin utile à quelque chose… Oui, ils ont eu raison de compter sur moi, tous… C’est à moi la faute, s’il en est ainsi… Et maintenant trop tard pour reculer… Ce serait briser trop d’espérance, et un trop vieux cœur de vieille femme, qui t’est cher après tout.


MAXIME.

C’est impossible. Ce mariage ne s’arrangera pas… Il est absurde. Pourquoi un mariage ? Qu’en a-t-il besoin ?… Es-tu donc lâche et absurde à ce point ? Reste auprès de lui… continue, mais sans te prêter à ce projet néfaste pour tous.


MARTHE.

Si… si… c’est ainsi… Il faut que je me fasse à l’idée de ne plus être à toi, voilà tout (Avec instance), parce que tu te rends bien compte que ce mariage, c’est notre séparation… absolue ? Il faut que je me déshabitue petit à petit de toi… J’essaye, tu vois.