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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/150

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que la lente influence de ce dégénéré a mis en toi des troubles et des complications… (Ironique.) de plus en plus distinguées… (affinées, comme il dit), qui finiront par te faire une âme d’infirme, — pour t’achever !


MARTHE.

Oh ! vous êtes mauvais… dur…


MAXIME, (radouci.)

Embrasse… c’est tout… embrasse…


MARTHE.

Vous avez tort, Maxime… comme vous avez tort d’être amer et cruel !… Mais j’aime mieux cela encore que votre silence. C’est si horrible d’entendre vos pas aller et venir, passer, s’éloigner, se mêler aux bruits de la maison… d’être là, pas bien loin de vous, et de ne pas savoir ce que vous pensez, ce que vous faites… de ne pas pouvoir même, comme les autres femmes, interroger votre visage au moins, si vous vous taisez… Ah ! vous me punissez par votre silence comme vous puniriez une autre femme par l’absence. Imaginez que c’est comme si j’étais dans la chambre à côté quand vous m’aimeriez le plus… Oh ! je suis heureuse ! je t’aime !


MAXIME.

Et toi… tu m’attires… tu es si jolie, si mienne… Sois obéissante… tu y gagneras. Je t’aime aussi.