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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/145

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parce que la ville faisait trop de bruit… C’est le voisinage de l’usine surtout, le mouvement d’en bas… les fourneaux de la fonderie… Il se plaint beaucoup aussi de l’odeur du port… de l’odeur de l’eau qui entre par sa fenêtre. Oh ! à mon avis, madame, ça ne va guère. Il cause, il cause… ou bien alors, il s’ennuie tellement longuement !…


GRAND’MÈRE.

Il ne te parle plus de voyages… à toi qui es sa confidente.


MARTHE.

Oh ! sa confidente ! je ne suis pas autre chose que sa garde-malade, la petite visite de cinq heures… Il ne me dit pas mieux qu’à vous ses souffrances ni ses projets.


GRAND’MÈRE.

Si, si, Marthe… tu es l’amie depuis un an, comme si tu avais été l’amie de la plus tendre enfance… et j’aime bien, va, cette amitié née, — oh ! pas bien gaiement, — près des couvertures, des tasses et des veilleuses. Il t’a aimée de suite, parce que tu n’avais pas joué à la balle ni à la corde, parce que tu n’avais pas eu d’enfance, — comme lui… Et maintenant je l’entends parfois qui te fait la lecture, qui essaie lui-même de te distraire, de rire… Oui,