Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/119

Cette page a été validée par deux contributeurs.


que l’or tombe du haut des arbres,

à la grande joie de ce monde…

Tout cela, pour voir ceci !…

Femme, ma pauvre femme,

il est tard pour s’apercevoir,

mais, vois-tu, on nous a trompés, —

le blé est mauvais qui pousse de la terre.


ERVOANIK.

Que la volonté de Dieu soit sur nous.


MATELINN.

Je n’ai plus de reproches à vous faire…

nous souffrirons tellement tous les trois…

Et voilà faite la chanson !

(Très contenu.)

J’ai vu par la fenêtre du presbytère

le recteur qui s’habillait pour venir.

Vous l’avez appelé bien vite…


ERVOANIK.

C’est pour en finir plus vite aussi,

pour ne pas pleurer trop devant ma maison…

Car, aussi, adieu, ma maison : toi, tu ne partiras pas…

Je n’aurai plus qu’une cruche et une petite lampe,

un entonnoir, un barillet et le capuchon noir,

avec la croix rouge sur l’épaule…