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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/108

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voudrais-tu voler par delà la grande plaine,

oh ! oui, par delà la plaine… loin…

Mais j’étais folle en vérité.


UN PAYSAN, (se détachant du groupe.)

Femme, femme,

Que vos pauvres yeux s’ouvrent à la lumière,

car c’est maintenant que vous étes folle !


MARIA.

Que dites-vous ? il y a un malheur par ici…

Oh ! je le sentais venir depuis longtemps…

Répétez ce que vous avez dit, mon ami :

que mes yeux s’ouvrent à la lumière ?

Regardez-les, au fond, mes yeux… les voici…

Ils n’ont plus peur des larmes. Parlez.

(Silence.)

Voyons, vous Génovéfa… parlez.

Non ? par pitié, toi… Anaïk ?

Qui parlera donc ici ?

(L’homme qui s’est détaché du groupe se décide.)

LE PAYSAN.

La peste blanche est au pignon de ta maison.


MARIA.

Retombe sur ton front et ta maison

le présage horrible… oh ! tais-toi maintenant.

(Elle lui ferme la bouche avec la main.)