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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/104

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LA FOULE.

— Non, non, personne n’est mort assurément.


LES SŒURS DE ERVOANIK.

— Je ne veux pas qu’on m’embrasse…

— Pourquoi Monsieur le recteur va-t-il venir ?


LA FOULE.

— Pour prendre Ervoanik avec lui ?


LES SŒURS DE ERVOANIK.

— Pourquoi prendre Ervoanik avec lui ?


LA FOULE.

— Parce que votre frère est très malade, et les malades de sa sorte

on les mène dans une maison blanche.

Ils ne vont plus aux fêtes ni au pardon,

on ne leur parle plus qu’à travers les portes,

ils ne caressent plus les petits enfants… comme vous.

— Je crois que leur mère ne sait rien.

Ervoanik est allé dès l’aube à la cure,

puis il a frappé chez nous pour nous dire de ne pas parler à sa mère.

« Venez mes amis, bons amis de jeu et d’enfance.

« faites sonner les cloches et sortir la procession,

« vous m’accompagnerez jusqu’à ma tombe. »