Ouvrir le menu principal

Page:Bastiat - Proudhon - Interet et principal, Garnier, 1850.djvu/45

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


gne, la prévoyance, la séparation des travaux, la paix et la sécurité publique ; se distribuant, en vertu de la liberté, entre toutes les classes ; se mettant de plus en plus à la portée de tous par la modicité croissante de sa rémunération ; rachetant l’humanité enfin du poids de la fatigue et du joug des besoins.

Mais comment nous élever à d’autres vues du problème social, lorsque, à cette première question : l’intérêt du capital est-il légitime ? vous répondez : Oui et Non ?

Oui : car — « Il est très-vrai que le prêt est un service, et comme tout service est une valeur, conséquemment, comme il est de sa nature d’être rémunéré, il s’ensuit que le prêt doit avoir son prix, qu’il doit porter intérêt. »

Non : car — « Le prêt, par l’intérêt qui en résulte, produit un bénéfice qui permet au capitaliste de vivre sans travailler. Or, vivre sans travailler, c’est, en économie politique aussi bien qu’en morale, une proposition contradictoire, une chose impossible. »

Oui : car — « La négation fondamentale de l’intérêt ne détruit pas à nos yeux le principe, le droit qui donne naissance à l’intérêt. Le véritable problème pour nous n’est pas de savoir si l’usure a une raison d’existence ; nous sommes sous ce rapport de l’opinion des économistes. »

Non : car — « Nous nions, avec le christianisme et l’Évangile, la légitimité en soi du prêt à intérêt. »

Oui : car — « L’usure n’a été, dans son institution providentielle, qu’un instrument d’égalité et de progrès. »

Non : car — « Tout ce qui, en remboursement du prêt, est donné en sus du prêt est usure, spoliation. »

Oui et Non, enfin : car — « Le socialisme n’a la prétention de convertir personne, ni l’Église, qui nie l’intérêt, ni l’économie politique, qui l’affirme, d’autant moins qu’il est convaincu qu’elles ont raison toutes deux. »

Il y en a qui disent : Ces solutions contradictoires sont un amusement que M. Proudhon donne à son esprit. D’autres : Il ne faut voir là que des coups de pistolet que M. Proudhon tire dans la rue, pour faire mettre le public aux fenêtres. Pour moi, qui sais que vous les appliquez à tous les sujets : liberté, propriété, concurrence, machines,