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A mesure que les capitaux augmentent ( et avec eux les produits) la Part Absolue qui revient au capital augmente et sa part proportionnelle diminue.

Cela n’a plus besoin de démonstration. Le capital retire successivement 5, 4, 3 pour chaque 100 francs, qu’il met dans l’association ; donc son prélèvement relatif diminue. Mais, comme il met successivement dans l’association 100 fr., 200 fr., 400 fr., il se trouve qu’il retire, pour sa part totale, d’abord 5, puis 8, ensuite 12 et ainsi de suite ; donc son prélèvement absolu augmente.

5° A mesure que les capitaux augmentent (et avec eux les produits), la part proportionnelle et la part absolue du travail augmentent.

Comment pourrait-il en être autrement ? puisque le capital voit grossir sa part absolue, encore qu’il ne prélève successivement que 1/2, 1/3, 1/4, 1/5 du produit total, le travail, à qui successivement il revient 1/2, 2/3, 3/4, 4/5, entre évidemment dans le partage pour une part progressive, dans le sens proportionnel comme dans le sens absolu.

La loi de cette répartition peut être figurée aux yeux par les chiffres suivants, qui n’ont pas la prétention d’être précis, mais que je produis pour élucider ma pensée.

PRODUIT   PART   PART
TOTAL. DU CAPITAL. DU TRAVAlL.
1° période. 1000 1/2 ou 500 1/2 ou   500
2° — 1800 1/3 ou 600 2/3 ou 1200
3° — 2800 1/4 ou 700 3/4 ou 2400
4° — 4000 1/5 ou 800 4/5 ou 3200

On voit par là comment l’accroissement successif des produits, correspondant à l’accumulation progressive des capitaux, explique ce double phénomène, à savoir que la part absolue du capital augmente, encore que sa part proportionnelle diminue, tandis que la part du travail augmente à la fois dans les deux sens.

De tout ce qui précède, il résulte ceci :

Pour que le sort des masses s’améliore, il faut que le loyer des capitaux baisse.