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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/55

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les y invitait. N’avaient-elles pas à faire son éloge tout le jour ? N’était-ce pas entre ses mains qu’elles apportaient l’argent, et de sa bouche qu’elles attendaient une approbation ? Entre elles régnait une constante émulation pour lui plaire. Et tout cela avait produit des personnes tout à fait rares, mais qui n’avaient en définitive pour règle certaine que la seule volonté de Léopold. À leur tête marchait la sœur Thérèse. Active, intelligente et gracieuse, cette religieuse exceptionnelle avait fait le succès de Notre-Dame de Sion à travers toute l’Europe. Léopold, qui vivait les yeux fixés sur la biographie des saints, se figurait qu’elle tenait auprès de lui le rôle admirable qu’a joué la mère Allix aux côtés de Pierre Fourrier. De fait, elle était le grand instrument financier de son œuvre. Or il advint qu’elle tomba malade, et durant plusieurs mois ne put bouger de son lit. L’argent se faisait rare. Dans cette extrémité, Léopold ne put résister à l’attrait du surnaturel, et considérant que la malade avait tant fait pour Notre-Dame que celle-ci pouvait bien le lui rendre, il la fit porter devant la statue miraculeuse. Ô merveille ! Aussitôt déposée dans le chœur de la chapelle, la religieuse se leva et se mit à marcher.