Ouvrir le menu principal

Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/396

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sur la boue du chemin. Rêve-t-il aux anges qui viendront construire la nouvelle Jérusalem sur la colline, ou bien à ceux qui nous prennent, l’un par les épaules et l’autre par les pieds — visiteurs certains et toujours inattendus — et qui ne peuvent manquer de venir bientôt par cette fenêtre fermée ?…

Soudain, les deux vieilles gens sursautent : un grand bruit d’ailes et de gloussements éperdus remplit tout le couloir, suivi de l’irruption d’une demi-douzaine de poules et d’un ecclésiastique, dans un nuage de poussière. C’est un jeune prêtre, resplendissant de santé, la figure épanouie, fort à son aise et qui dit :

— Monsieur Baillard, je vous présente mes respects.

Il y eut une seconde d’étonnement.

— Monsieur l’abbé, observa le vieillard, je vous salue, mais je ne sais pas qui vous êtes.

— C’est un de ces messieurs du couvent, le Père Cléach, dit sans bonne grâce Marie-Anne.

L’Oblat s’était arrêté sur le seuil de la chambre ; dans son cœur, il demandait au bienheureux Pierre Fourier, dont il apercevait un portrait pendu au mur, de lui dicter