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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/333

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CHAPITRE XVI


LES SYMPHONIES SUR LA PRAIRIE


Ni l’abandon de Quirin, ni la mort de François n’abattent Léopold. Bien au contraire. Tous les liens qui retenaient encore son imagination semblent brisés : il se livre à son cœur. François était son moyen de communiquer avec les vivants. Il ne les connaîtra plus. Il en sera dédommagé. Milton ayant perdu les yeux voit se dérouler dans sa conscience le monde des formes éternelles ; Beethoven devenu sourd n’est plus importuné par le bruit de la vie, ne prête plus l’oreille qu’aux harmonies intérieures. Léopold a toujours voulu créer, éterniser son âme. Par la pierre, d’abord : il bâtissait des murs, murs d’églises et de couvents. Le jour où, faute d’argent, il dut cesser d’assembler