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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/266

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reproche de n’avoir fait aucun rapport sur vous autres, malgré tous les mauvais bruits qui courent sur votre compte. Le chef a répondu : « Je ne peux pourtant pas inventer, mais soyez sûr que je les tiens à l’œil. » Pour moi, je ne dis pas que vous soyez des mauvaises gens. Mais il y en a déjà plusieurs des vôtres qui ont filé ; vous devriez en faire autant.

Quand François lui rapporta cette conversation, Léopold fut terrifié. Il aurait voulu suspendre pour un temps toutes les cérémonies. Mais la Pentecôte approchait, la plus grande fête de l’année, pour tous ceux qui substituent aux commandements de l’Église leur inspiration personnelle : c’est le jour où l’Esprit descendit. Les Enfants du Carmel pouvaient-ils lui refuser un culte solennel ?

Le matin de ce grand jour, à dix heures, on se réunit dans la grange de Pierre Mayeur. Il y avait là une dizaine de personnes : les sœurs Lazarine, Euphrasie et la bonne Marie-Anne Sellier, la mère Poivre, les veuves Munier et Seguin, Amélie Mayeur et le fanfan Jory. Léopold célébra la messe, assisté de François. Au moment du prône, il commenta de la manière la plus éloquente ce grand texte essentiel de l’Évangile selon saint Jean,