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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/256

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l’œuvre de M. Marquis, la fameuse chanson des Pontifes, largement revue et augmentée par tous les beaux esprits du pays :

Venez, petits et grands, que tout homme s’empresse
Pour contempler trois sots qui vendent la sagesse.
Après avoir vendu les reliques des saints,
Ils changent d’industrie et se font magiciens.
Sur l’air du traSur l’air du tra la la,
Sur l’air du traSur l’air du tra la la.

De miracles nombreux, les voilà fabricants,
Et d’emblèmes dévots habiles traficants :
Ils sont allés, dit-on, apprendre en Normandie
L’art de duper les gens en grande compagnie.
Sur l’air du traSur l’air du tra la la, etc.

Depuis longtemps déjà, ils ont à nos regards
Le talent merveilleux de plumer les jobards ;
Il ne fallait donc pas, je crois, un grand prophète
Pour les rendre savants des pieds jusqu’à la tête.
Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Vous, grossiers paysans, ah ! vous ne savez rien,
Vous croyez ce qu’enseigne un évangile ancien ;
Mais si vous contemplez la lumière nouvelle,
Ça sous retournera joliment la cervelle.
Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Voyez ces trois oiseaux accoutumés au vol :
Autrefois, vrais dindons, ils ont rasé le sol ;
Mais à voler bien mieux, instruits par leur grand maître
S’ils ne sont pas des aigles, ils peuvent le paraître.
Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Peuples, écoutez donc. Voilà le grand pontife !
Grand, ma foi ! c’est bien vrai. Monsieur ! quel escogriffe !
Il est sacré, dit-on, miraculeusement,
Et de fou qu’il était, il est sage à présent.
Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.