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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/242

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le rêve fut toujours de calquer sa vie sur des patrons sublimes. Et pour commencer, ce dimanche allait être vraiment son dimanche des Rameaux : entouré de ses fidèles — à l’occasion de son déménagement — il allait faire son entrée dans Jérusalem.

Malgré les bruits inquiétants qu’on répandait dans le village, trente personnes accoururent dès l’aube. À l’issue de l’office, Léopold les éleva, toutes, d’un grade dans les dignités de l’Œuvre. Il confia le bouclier de Marie à madame Marne, et une hostie que Vintras avait portée à madame Marie-Anne Sellier. Ces deux veuves dévouées, dont la première avait fourni la carpe pour la réception de la Noire Marie, venaient d’arriver avec des corbeilles d’osier et s’engageaient solennellement à ne pas quitter le couvent que tout fût emballé. Le Pontife d’Adoration donna encore la croix de grâce à ses deux nièces, Marie-Rose-Élisabeth-Léopoldine et Marie-Hubertine Baillard. Enfin, à ceux qui n’étaient pas sortis des rangs inférieurs, il remit des petits sachets renfermant de la terre de Tilly. C’était autant d’armes dont il attendait qu’elles fortifiassent les courages.

Il s’en trouva bien. Les Enfants du Carmel furent admirables de dévouement. En vain le