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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/224

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tout le temps de gagner le jardin et de se perdre dans la nuit.

Un pâtureau qui revenait avec ses bêtes affirma qu’il croyait bien avoir reconnu à la même heure sœur Lazarine, qui regagnait à travers champs le couvent.

Comment interpréter cette circonstance singulière ? Nouvelle Judith, sœur Lazarine avait-elle essayé de séduire l’abbé nancéien pour qu’il fit à Monseigneur un rapport moins défavorable aux Baillard ? Voulut-elle provoquer un esclandre et perdre l’homme de l’évêché en se perdant elle-même ? Prit-elle de sa propre initiative l’une ou l’autre de ces décisions ? Ne fut-elle pas plutôt dirigée par Quirin, qui avait exercé de tout temps sur son esprit un ascendant absolu ? Ou furent-ils l’un et l’autre calomniés de tous points par un pays surexcité et disposé à les croire capables de tout ? Le champ reste ouvert aux hypothèses. Retenons seulement que cette indécence, réelle ou imaginaire, est une trace du passage de Vintras et de son action délétère sur la paix publique. C’est une des vapeurs infernales qui, par bouffées, du sommet du Sion, s’épandent sur la plaine.

Toute la Lorraine ne parle plus que des scandales de Sion. Toute la Lorraine regarde