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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/223

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recourût toujours aux fascinations de la femme, et ils se répétaient d’un ton pénétré une phrase de Monseigneur : « Ces nouveaux Montanus sont environnés et secondés de nouvelles Priscilles. »

Vers minuit, l’Oblat reconduisit son hôte jusqu’à l’auberge, et lui souhaita bon repos.

Tout le monde était déjà couché dans la maison. L’abbé Florentin prit un bougeoir et gagna sa chambre qui était au rez-de-chaussée. Il se déshabillait quand il lui sembla entendre un léger bruit dans l’alcôve. Il regarda, sans rien voir de net, car la pièce était grande, et la faible lueur qui flottait autour de la chandelle ne servait qu’à peupler d’ombres troublantes les ténèbres. Il crut entendre soupirer. S’armant de courage, il osa s’approcher et vit avec terreur dans le lit la forme d’une femme, une femme au regard de feu, qui lui tendait des bras suppliants. Sans même prendre le temps de distinguer les traits de cette impudique, convaincu que l’on en voulait à sa vertu et à sa réputation, il se jeta hors de la chambre et courut avertir l’Oblat. Mais quand les deux prêtres accompagnés d’honorables témoins revinrent, la créature, comprenant l’échec de sa tentative diabolique, avait eu