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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/217

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CHAPITRE X


LES DRAGONS DU PAGANISME RÉAPPARAISSENT


On voudrait s’arrêter ; on se dit que personne ne vit d’un mensonge, qu’il y a là sans doute une réalité à demi recouverte, un terrain de tourbe où jadis un beau lac reflétait le ciel. On s’attarde auprès de cette vase, on rêve de saisir ce qui peut subsister d’un verbe dans les bégaiements de Vintras. Ah ! si nous pouvions pénétrer en lui jusqu’à ces asiles de l’âme que rien ne trouble, où repose sans mélange, encore préservé des contacts de l’air et des compromis du siècle, ce que notre nature produit d’elle-même avec abondance !

Lui, il se tient pour une énergie primitive. À l’en croire, il a retrouvé ce qu’Adam et Ève possédaient avant la chute : l’intelligence de