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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/200

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yeux, il faut que vos cœurs voient et entendent la réalité. Vous croyez n’être ici qu’une trentaine. Eh bien ! la chapelle est pleine des morts de Sion. Relevez vos regards, ô mes frères, ô mes sœurs, voici vos parents depuis la huitième génération qui planent au-dessus de nous ! Je vois le Seigneur ; il a à sa droite et à sa gauche le père et la mère de nos trois Pontifes. Puis voici feu madame Jory : elle porte sur sa poitrine la croix de grâce, que les cieux lui ont donnée…

Se tournant vers Fanfan Jory :

— Ta mère te bénit, mon enfant… Je vois l’avenir. Je vois les cieux tels qu’ils seront dans les siècles. J’y vois ces pauvres femmes qui ont été victimes de la persécution et qui me font ce soir un si bel accueil. L’une d’elles est comme un lis…

— Sans doute Marie Beausson, dit à mi-voix le bon François.

— … La seconde est comme un jasmin…

— Probablement la mère Poivre…

— … Et la troisième comme une tubéreuse.

— Madame Jean Cholion ou madame Seguin, intervint encore le Pontife de Sagesse. Et l’Organe finit en disant :

Nous ne ferons entendre aujourd’hui ni