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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/177

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Il vit dans ce petit drame l’annonce que Dieu lui permettrait de recevoir un jour dans ses bras les schismatiques, comme il venait de faire pour le pauvre boiteux.

En attendant, il fallait trouver un logis. Les cinq maisons où il frappa successivement, et qui sont avec le couvent toute la vie du plateau, lui fermèrent, l’une après l’autre, impitoyablement leurs portes. À Saxon où il descendit, la même hostilité l’accueillit, et, de guerre lasse, il dut s’accommoder d’une mauvaise chambre à l’auberge.

Cependant les Baillard, indignés qu’on leur arrachât l’église, achevaient de la déménager. Depuis huit jours, il s’y employaient. Ce dernier soir, ce fut un vrai pillage. Frères et sœurs, ils s’y mirent tous, excités jusqu’à la folie par l’arrivée de l’Oblat, ne laissant pas une fleur, pas un ornement, pas même un linge pour offrir le saint sacrifice.

C’est dans cette église désolée que le Père Aubry, le lendemain, qui était un dimanche, prit le contact de ses paroissiens. Au moment où il se présentait à l’autel, Léopold, François, Quirin, escortés des deux frères Hubert et Martin, des religieuses et des villageois les plus fidèles, arrivèrent glorieusement dans le sanctuaire par le corridor qui fait communi-