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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/116

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questions au maire et aux notables sur l’état spirituel de Sion et de Saxon, comme eût pu le faire Sa Grandeur. Ses yeux de feu et qui s’en allaient toujours vers l’invisible, faisaient le plus étonnant contraste avec son parler plein de douceur et d’onction. Il était manifestement moins soucieux de connaître de fâcheux désordres que de louanger ceux qui, par leur présence, venaient lui apporter une preuve de fidélité.

Sur l’appel des cloches, on continuait d’arriver. Bien qu’au mois d’août les travaux de la culture retiennent aux champs les villageois, il n’y eut guère de maison qui ne déléguât l’un des siens pour aller féliciter de son retour Monsieur le Supérieur. Aux yeux de tous ces paysans, la présence de celui-ci, l’absence de celui-là, étaient d’une grande signification, et ils voyaient dans ce petit cercle, non pas seulement sur qui les Baillard pouvaient compter, mais sur quoi, et quel crédit leur demeurait.

Les trois prêtres se multipliaient en bonne grâce, chacun avec son génie propre. Au soir tombant, les gens redescendirent au village, fort satisfaits de la réception, bien influencés par le grand air de Léopold, qui ne leur avait jamais paru si épiscopal, et