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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/365

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II

Ainsi, un écho, un écho avec l’étoffe d’une voix, voilà M. Louis Bouilhet en deux mots ! Cette étoffe qu’il a réellement, jointe aux airs qu’il exécute, et qui ont déjà été entendus, sentis, applaudis, trouvés et exécutés, d’ailleurs, par de bien plus grands maîtres que lui, enchante le public, qui aime à repasser sur ses impressions, mais impatiente la Critique, qui en voudrait de nouvelles, et qui, d’un homme si bien doué que M. Bouilhet, a le droit de les exiger.

Dans les poésies qu’il vient de publier, M. Bouilhet répète plus particulièrement M. Victor Hugo, M. Théophile Gautier, Alfred de Musset ; et surtout M. Hugo, dont le souvenir vous obsède jusqu’à la persécution, quand vous lisez les Festons et les Astragales. C’est quelque chose d’incroyable, en vérité, que cet esclavage de ressemblance ! Est-il volontaire ou involontaire ? Le poète s’en aperçoit-il ou ne s’en aperçoit-il pas ? … Nous n’oserions le décider.

Mais ce qu’il y a de certain, c’est que l’éducation poétique de M. Bouilhet, qui s’est faite dans les grands Romantiques contemporains, a fini par trop influer sur sa pensée, car il ne faut pas être bien élevé, à ce point de n’avoir plus en soi qu’une excellente éducation pour toute personnalité ! Je ne veux pas dire cependant que celle de M. Bouilhet n’existe plus du tout. Je crois même qu’il y a quelque part