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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/340

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M. de Châtillon et y produit les plus adorables rêveries. Il en est une entre autres trop longue, et trop arabesque pour qu’on puisse la citer dans tous les enroulements de sa fantaisie. C’est celle qui commence par la strophe :

Je veux décrire une merveille

Intéressant beaucoup de nous ;

C’est une maison sans pareille,

Comme il doit s’en bâtir pour tous.

Je ne sais trop s’il y voit trouble

Ou si l’architecte y voit bien :

Les plus riches paieront le double,

Les pauvres, dit-il, presque rien ! Et la chose étant compensée,

Je verrai donc des gens contents !

J’applaudis à cette pensée,

L’un des besoins de notre temps…

…………………………………………….

Suit la description de cette maison merveilleuse, description d’un lyrisme éclatant et d’une magnifique haleine ; et quand cette immense et étincelante bulle de savon est soufflée :

Tout étant prêt, je me hasarde !

Et j’ai choisi mon logement.

Une grande chambre en mansarde,

Tendue en velours seulement.

J’ai dit à qui pouvait m’entendre

Que je serais là comme un roi :

L’architecte vient de m’apprendre

Qu’on s’était bien moqué de moi ! Jusqu’ici ce n’est que du comique ; seulement c’est