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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/33

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les contemple, et il veut qu’elles soient contemplées. Mais enfin il l’a chanté avec des accents qui honoreraient un homme de génie. Les strophes qui ont été citées partout et avec une juste admiration sur la mort de cette enfant si cruellement perdue, et dans lesquelles, pour la première fois, le panthéiste et le druide (M. Victor Hugo est tout cela) trouve des beautés inaccoutumées de sentiment et d’expression dans la résignation du chrétien, ces strophes resteront comme celles de Malherbe sur la mort de la fille de Desperriers et les derniers vers de Gilbert. Hors ces strophes qui commencent à :

Je viens à vous, Seigneur, père auquel il faut croire,

et qui se terminent par :

Puisque ces choses sont, il faut bien qu’elles soient,

J’en conviens, j’en conviens ! nous n’avons rien, absolument rien, de véritablement beau dans le second volume, parce que nous n’avons rien de pur. Même dans les autres pièces où la mort de cet enfant vibre encore de temps en temps d’une manière délicieuse et touchante, l’exagération, le blasphème, la folie, la sottise, hélas ! reviennent envahir l’esprit éperdu et perdu du poète. Ils l’envahissent à quatre vers de distance des choses les plus belles :

Je sais que vous (Dieu ! ) avez bien autre chose à faire

Que de nous plaindre tous,