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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/29

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Le toit espère la gerbe,

Pain d’abord — et chaume après.

La croupe du bœuf superbe

Est un mont dans les forêts ! L’étang rit à la macreuse,

Le pré rit au loriot ;

Pendant que l’ornière creuse

Gronde le lourd chariot. La main sur le cœur, de tels vers méritent-ils autre chose que la gaîté de la critique ? En les lisant, il faut rire comme le pré au loriot et l’étang à la macreuse, et puis, les laisser dans l’ornière !

Et ne croyez pas qu’ils soient clairsemés et qu’on les épingle. Le premier volume des Contemplations est tout entier dans cette note, prétentieuse et puérile. Le Polyphème du pathos se croit les grâces d’un Daphnis d’églogue.

Si je n’étais songeur, j’aurais été Sylvain !

Nous y aurions gagné. Il se vante même d’entendre bien les indécences de cette fonction mythologique :

Le brin d’herbe devient familier avec moi,

Et, sans s’apercevoir que je suis là, les roses

Laissent faire aux bourdons toutes sortes de choses !

Je suis pour ces beautés l’ami discret et sûr.

Et le frais papillon, libertin de l’azur,

Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue,

Si je viens à passer dans l’ombre, continue ;

Et si la fleur se veut cacher dans le gazon,

Il lui dit : « Es-tu bête ! » Il est de la maison ! Et pour montrer qu’il est de la maison (quelle