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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/268

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XIV

M. J. AUTRAN

Laboureurs et Soldats, — Milianah.

I

A la bonne heure ! Laboureurs et Soldats ! Le fer sous les deux formes, éternelles et sublimes, qui ne changeront jamais, malgré tous les progrès et toutes les civilisations, comme ils disent ! La vie par le fer, ense et aratro, car la guerre, c’est la vie, malgré la mort qu’elle sème autour d’elle ; c’est la vie morale qui importe bien plus que la vie physiologique ! Les peuples mourant de mollesse, de paix, d’abjection diplomatique, ressuscitent par la guerre. Ils lavent leurs pourritures dans le sang qu’ils versent et ils les guérissent. Laboureurs et Soldats ! c’est le plus beau sujet pour un poète. Laboureurs et Soldats ! c’est Hésiode et c’est Homère. C’est l’Énéïde aussi et c’est les Géorgiques. Avec les laboureurs, vous avez le plus